HUORT – Stage 1 Deluxe
15 ans plus tard…
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Niveau de plaisir
Temps de conservation (mois)
Il y a des histoires de basses qui prennent un peu plus de temps que d’autres pour arriver à leur conclusion. Celle-ci aura mis une quinzaine d’années.
Entre 2007 et 2020, lorsque j’habitais à Poitiers, mon luthier était Christophe Huort, d’Atelkof Lutherie. J’ai connu son premier atelier dans une sorte de grange, puis celui qu’il occupe aujourd’hui à Parthenay. C’est lui qui réglait et réparait mes instruments, et j’ai toujours eu énormément d’estime pour son travail.
Christophe fait partie de ces artisans avec qui on peut facilement passer beaucoup plus de temps que prévu : passionné, passionnant, avec une vraie vision de l’instrument.
Premier épisode : 2011
En 2011, j’achète d’occasion une Atelkof Stage 1, l’un de ses modèles emblématiques.
L’idée de cette basse était assez ambitieuse : aller chercher à la fois du côté de la Precision, de la Jazz Bass et, tant qu’à faire, de la StingRay.
La mienne était dans cette superbe finition Trans Blue, comme celle présentée sur son site, avec les caches micros blancs et la touche érable . La version « de base » mais déjà terriblement attirante. Dès la première prise en main : gros coup de cœur.
La lutherie était exceptionnelle, l’équilibre impeccable, le manche génial… Bref, tout ce que j’aime dans une basse.
Sauf que une fois branchée, ça ne fonctionnait pas vraiment pour moi.
Christophe fabrique lui-même ses préamplis et, si j’ai toujours adoré sa lutherie, j’ai aussi toujours eu un rapport plus compliqué avec ses choix électroniques. Trop moderne, trop clinique pour moi.
J’ai eu exactement la même histoire de « je t’aime, moi non plus » avec une Vigier Arpège dans laquelle j’avais même fait installer à une époque un préampli de Christophe mais il n’était pas resté très longtemps non plus. 😁
Bref, cette première Stage 1, malgré tout ce que j’aimais chez elle, avait donc rapidement repris sa route. Fin du game sur le moment.
Deuxième épisode : 2026
Quinze ans plus tard, installé du côté de Saint-Nazaire je trouve un autre luthier pour lequel j’ai également énormément d’estime. Il est d’ailleurs en train de finaliser ma future basse faite sur mesure.
Avec les années, je suis censé être plus mesuré, posé, sauf que, comme tout bassiste atteint par le GAS, le vrai, j’ai rechuté.
Sur quoi je tombe dans un enième échange de basse : Une Atelkof Stage 1 « Deluxe ». La version survitaminée de la Stage 1 que j’avais possédée quinze ans plus tôt.
Même finition Trans Blue, toujours un micro Precision inversé côté manche accompagné d’un gros pavé type MusicMan.
Et sur cette version Deluxe des pontets individuels avec piezo et la touche Palissandre.
A noter que quand je l’ai récupérée, la basse avait déjà commencé une deuxième vie puisque son électronique d’origine avait été remplacée par un ancien proprio (tiens tiens…).
Ni une ni deux, la basse arrive donc à la maison.
Et là, quinze ans après la première : exactement le même effet.
De super sensations rien qu’en acoustique, envie de jouer pendant des heures dessus.
Et là… j’ai su, j’avais déjà décidé de son sort. Elle allait rester chez moi mais devait pour cela connaître une troisième vie.
Une opération : retour à l’essentiel, direction mon luthier actuel avec un cahier des charges finalement assez simple :
On vire tout !
Depuis quelques années, mes goûts ont beaucoup évolué et je suis revenu à quelque chose de beaucoup plus basique en matière d’électronique.
Pour moi aujourd’hui c’est passif, passif et encore passif.
Exit donc le préampli, exit les micros delano, exit les pontets piezo, l’entrée jack neutrick…
Je mets tout en vente et on repart d’une feuille presque blanche.
L’idée : conserver cette superbe lutherie de Christophe, mais construire autour d’elle un projet qui corresponde exactement à ce que j’aime aujourd’hui.
Mon luthier fabrique donc deux micros Precision inversés maison en mode old school. Le premier reste visuellement un PB classique, le second est installé côté chevalet, dissimulé sous un capot façon MusicMan, dont seuls les aimants ressortent.
Visuellement, on conserve donc l’esprit de la Stage et surtout pas de travail à faire sur la table.
Pour les commandes, retour au strict nécessaire :
-un volume par micro ;
-une tonalité générale ;
-un push-pull sur le volume du micro chevalet permettant de passer les deux micros PB de parallèle à série.
Le fameux mode « PATATOR ».
Restait ensuite à gérer les traces de vies précédentes.
Le pickguard a donc été reinventé pour masquer les anciens perçages.
Même logique pour le chevalet : remplacement des anciens pontets individuels afin de masquer proprement leur défonce par un modèle Stingray by sterling.
Et voilà sa troisième vie qui commence.
Quinze ans après avoir revendu ma première Stage 1 parce qu’elle ne me correspondait pas complètement, j’en retrouve donc une autre.
Même couleur, même sensation immédiate lorsque je la prends en main, même admiration pour le travail de Christophe.
Mais cette fois avec une vision radicalement différente, pensée autour de ce que j’aime aujourd’hui.
Au final, ce que j’aime peut-être le plus dans cette histoire c’est d’avoir réunit finalement deux luthiers dont j’admire énormément le travail.
Quelques specs quand même :
Construction : Manche vissé (Bolt-on)
Corps : Sandwich Aulne / Frêne / Aulne
Manche : Érable 5 parties
Touche : Palissandre avec incrustations « Dot ».
Frettage : 24 frettes Medium.
Diapason : 34 pouces (standard long scale).
Sillet : Tusq (42 mm).
Accès Trussrod : Au talon du manche (système de roue type Musicman)
Mécaniques : Gotoh à bain d’huile.
Finition : Vernis Nitrocellulosique
Couleur : Trans Navy Blue avec Matched Headstock
Accastillage : Nickel
Poids : 4,0 kg.
Année de fabrication : 2010